Interview Bruno Deruisseau & Jean-Marc Lalanne.
Photography Laura Pelissier.
Styling Mathilde Camps.
Grooming Rimi Ura.

 

Corentin Fila a explosé l’an dernier dans le film d’André Téchiné, Quand on a 17 ans, qui lui a valu une nomination aux César. Rabah Nait Oufella a été particulièrement remarqué dans le rôle du coloc comestible dans Grave, la sensation gore de l’hiver dernier signée Julia Ducourneau. On les retrouvera souvent tous les deux dans les mois qui viennent. Dialogue entre deux jeunes comédiens intenses et charismatiques

Vous êtes tous deux parisiens, vous êtes nés dans quel arrondissement ?
Rabah Nait Oufella : Moi, je suis né à Belleville.
Corentin Fila : Je suis né à Ourcq puis j’ai migré, je me suis de plus en plus embourgeoisé, j’ai fait 19, 13 et maintenant je vis dans le 6e arrondissement. Prochaine étape Neuilly et après Versailles ! Je vis avec ma grand-mère, on a une petite coloc’ joyeuse.

Vous avez fait toute votre scolarité à Paris ?
C : Oui. Après le lycée, j’ai fait STAPS parce que je faisais beaucoup de boxe et de basket. Puis je me suis blessé. Mais je ne savais pas du tout pourquoi je faisais cette formation à la base, à part pour faire du sport. J’ai ensuite fait une licence d’économie dans une fac de droit, à Descartes. Je ne savais toujours pas vraiment pourquoi je faisais cette formation mais, pendant ce temps, j’étais mannequin et je bénéficiais d’un régime dérogatoire, je n’allais qu’aux partiels.
R : Moi, j’étais à Dolto (ndlr. Collège Françoise Dolto) puis au lycée, j’étais autodidacte. Non, plus sérieusement, j’ai commencé un CAP cuisine puis j’ai bossé dans la restauration tout en continuant les castings.

Comment es-tu devenu mannequin toi ?
C : On m’a repéré dans la rue quand j’avais  21-22 ans.

Est-ce que déjà à cette époque on te prenait pour plus jeune que ce que tu n’étais ? (ndlr. Dans le dernier film d’André Téchiné, il joue un jeune homme de 17 ans alors qu’il en a 10 de plus au moment du tournage)
C : J’ai toujours fait plus jeune. À partir de 10 ans, mes hormones ont commencé à déconner un peu je crois.
R : Mais pourquoi ? Tu as quel âge ?
C : 28, et toi ?
R : 24 ans, je pensais que tu avais le même âge que moi.
C : Ah, ça va encore. C’est gentil mon petit.

Du coup, tu as commencé à gagner ta vie en tant que mannequin ?
C : Oui, assez vite. J’avais aussi une agence à Londres. Je ne gagnais pas des mille et des cents mais ça allait. Je voyageais…
Mais la mode ne représente pas du tout une passion. En tant que mannequin, tu n’as rien à exprimer. Tout dépend de l’enveloppe et on se fiche de qui tu es à l’intérieur. Le milieu de la mode m’a soulé.
Et le fait de voyager, de vivre avec les autres mannequins, ce n’était pas agréable ?
C : C’était assez cool oui. On comparait beaucoup avec le milieu des filles qui est vraiment horrible parce qu’elles sont pesées en permanence et qu’elles sont fliquées comme il y a plus d’argent en jeu. Alors que 99% des gars s’en foutent. Ce n’est pas un métier qu’on a envie de faire mais un métier où tes employeurs viennent te chercher, directement dans la rue le plus souvent.
Du coup, les mecs ont des profils très variés ; des musiciens, des punks, des mecs d’école de commerce. Moi je traînais plus avec les punks quand même, mais cet aspect très hétéroclite était marrant.

Toi Rabah, à coté de ton boulot dans la restauration et du cinéma, tu faisais de la musique non ?
R : Oui, j’ai l’impression d’avoir toujours fait du rap. C’est ma première passion, ça l’est encore aujourd’hui. Mais je n’en fais plus depuis 4 ans. C’est un peu frustrant parce qu’autour de la vingtaine, j’ai eu de très belles propositions de grandes maisons de disque mais j’ai décidé de refuser pour me concentrer sur l’acting. Je commençais à avoir mes premières propositions intéressantes au cinéma et je n’avais pas envie de me coller une image, l’image du rappeur qui passe au ciné, surtout qu’il y en a de plus en plus. Et je me suis aussi rendu compte que ma façon de rapper devenait de plus en plus formatée alors que, quand j’ai commencé, je tenais beaucoup à préserver une forme d’originalité. Ca ne m’a pas plu et je me suis dit que ma place était dans le cinéma.

Tu trouves que le rap des maisons de disque aujourd’hui en France est formaté ?
R : Bien-sûr, mais c’est un phénomène qui ne date pas d’aujourd’hui. Il y a toujours eu une forme de formatage, elle change simplement. Il y a 10 ans, il était déjà formaté ; c’était du boum-tchak, boum-tchak, rap engagé et je lève mon poing, et aujourd’hui c’est autre chose : des sonorités africaines et électro, de l’égotrip… En fait, à chaque fois qu’un rappeur lance quelque chose de nouveau, tu en as 400 qui font la même chose derrière. Il y a 4 ans, c’était JUL, l’afrotrap. Il y a 10 ans, c’était Keny Arkana et IAM, c’était du rap engagé. Ce que je trouve dommage aujourd’hui dans le rap, c’est qu’il y a très très peu de rappeurs qui essaient de sortir du lot.

Quels sont les rappeurs que tu admires aujourd’hui ?
R : En ce moment, j’écoute un mec qui s’appelle Vald, pour moi c’est une bête de rappeur. Il a des couilles, il a un style particulier et il ne rentre pas dans le moule. Par exemple, on parlait d’afrotrap, il en a pris le contrepied en sortant un titre qui s’appelle Eurotrap, en mode techno.

Quel est son univers ?
R : Il a un univers très personnel. Il est beaucoup dans la folie, la vulgarité, borderline à mort. Il n’hésite pas à choquer par ce qu’il dit ou fait, mais de manière très naturelle. C’est une sorte d’anarchiste des temps modernes. Alors oui, il lui arrive de faire des trucs macho mais bien faits. Quand il parle de politique, il en parle comme un mec qui vit à des années lumière de notre système. Il ne parle pas de politiciens, il parle de la vie des gens.
C : Moi aussi j’aime beaucoup. Quand on lit ses interviews, on voit que le mec a une autodérision de ouf. Ses textes vont dans tous les sens, c’est dingue. Il nous emmène vraiment loin. Et quand les journalistes lui disent que c’est génial et lui demandent où il va chercher ça, il répond qu’il n’en sait rien, qu’il kiffe simplement faire les choses de cette manière.

Pour vous, la politique aujourd’hui ne se joue plus dans le champs politicien, les partis, etc. ?
R : Les hommes politiques aujourd’hui, ils font de la com’ pas de la politique, une phrase choc dite au bon moment…

Suivez-vous l’élection présidentielle ?
R : De très loin.
C : Moi j’ai un peu suivi les débats télévisés mais même celui pour lequel je vais voter me dégoûte un petit peu. L’autre jour, je regardais Benoît Hamon qui était invité par la chaine L’Equipe 21. Quand tu regardes beaucoup de sport, tu décryptes encore plus son langage et sa langue de bois. Il ne disait rien de sincère. Il a placé le nom du joueur du moment parce qu’il sait que les gens le kiffent mais il ne va jamais dire oui ou non quand on lui demande s’il est pour un retour de Karim Benzema en équipe de France. Ils ne disent rien en fait, tous, c’est du vent. J’aime bien Mélanchon, mais j’ai l’impression qu’ils sont tous des hologrammes. Tu votes pour rien. C’est très décevant.

Quelles sont les formes d’engagement qui vous parlent aujourd’hui ?
C : Il y a plein de choses à faire. Il y a une crise de réfugiés sans précédent dans le monde en ce moment. Tu peux t’engager dans une association. En Grèce, il y a aussi des trucs énormes à faire. Ma copine est grecque. Du coup j’y vais beaucoup et c’est fou ce qu’il se passe là-bas. Il y a un truc guedin en Grèce, c’est qu’ils ont traversé une crise terrible. Le mec qui te sert ton rhum orange à 5 heures du mat’ dans un bar, il est ingénieur, le mec qui conduit ton Uber, il a un master d’économie. Ils sont tous concernés par ce qu’il se passe dans la société. Ils se sentent aussi concernés par la crise des migrants parce qu’ils sont pile au milieu du flux migratoire. Je trouve ça magnifique. Même dans l’art, même s’ils veulent sortir un film, il faut qu’ils y aillent avec les tripes.
R : En tant qu’amateur de rap engagé au lycée, l’engagement faisait partie de ma vie. Aujourd’hui, je me sens peut-être moins impliqué. Je ne fais plus de manif’. J’ai l’impression que nous ne sommes pas dans le même climat. Avant, on dérangeait en parlant. Aujourd’hui, on peut dire ce que l’on veut, cela ne change pas grand-chose. La loi travail en est un bel exemple, sachant qu’il y avait 30 ou 40% des Français qui étaient contre. L’utilisation du 49.3, c’est lamentable. Et puis aujourd’hui dans la campagne, tu as Valls qui dit “Ce n’est pas de ma faute, on m’a obligé”. C’est du foutage de gueule mais à tellement haut niveau qu’il vaut mieux en rire.

Vous n’êtes pas du tout allés à Nuit Debout ?
R : Non pas moi.
C : Moi j’y étais, je me suis fait gazer, charger par les CRS… C’était chaud. Je suis allé à Calais aussi. J’ai vu des matraques frapper des têtes. C’était vraiment violent. Mais je ne sais pas si c’était très intelligent de ma part de faire ça parce que je pense qu’il y a de meilleurs façons d’aider les migrants dans ce cas précis. J’ai fait deux manif’ interdites à Calais et beaucoup d’associations étaient contre parce que les réfugiés prennent plus de risques que nous.
R : Je pense que c’est déjà plus intelligent de faire ça plutôt que d’aller à Nuit Debout parce que les manif’ sauvages encerclées par les CRS qui disent “Maintenant vous passez par là et par là et vous rentrez chez vous”, c’est bien mignon mais cela ne sert pas à grand chose. Ca m’étonne toujours de voir que quelques centaines de CRS parviennent à faire courir des milliers de personnes. Ce n’est pas vraiment un affrontement, c’est une danse. À propos des violences policières, j’ai eu pas mal de soucis avec la police étant plus jeune. J’ai déjà eu des matraques sur ma tête à moi, pour de petites conneries en plus. Et ça me fait rire qu’on parle de violences policières seulement maintenant dans les médias, depuis Nuit Debout, alors que ça fait des années qu’elles sont présentes mais qu’elles s’exerçaient sur un autre public si je puis dire… Il y a eu une prise de conscience récemment à ce sujet.
C : Pour le coup, je préfère aller à l’affrontement dans un cadre comme Nuit Debout parce que nous partageons tous les mêmes risques, que dans un cadre comme Calais où tu te retrouves à côté d’un mec qui a traversé la Méditerranée, qui a frôlé la mort et qui ne risque pas du tout la même chose que toi en manifestant et en se confrontant à la police.

Pensez-vous que l’art et le cinéma en particulier, puissent être aujourd’hui le lieu d’une forme de contestation et d’engagement ?
R : Bien-sûr. Tous nos faits et gestes découlent d’une pensée politique. Au niveau du cinéma, à travers le choix des films que tu fais et des gens avec qui tu travailles, tu exprimes des prises de position. Quand j’ai lu le scénario de Nocturama par exemple, je sentais que le projet était dans l’air du temps et, en même temps, je me disais que c’était un sujet très délicat, surtout après les attentats.

Quel était votre rapport au cinéma enfant ou adolescent ?
R : Plus jeune, je n’étais pas du tout cinéphile. J’ai découvert le cinéma d’auteur en travaillant avec des réalisateurs et j’ai encore beaucoup de choses à découvrir.
C : Je n’étais pas non plus particulièrement cinéphile, si ce n’était mon admiration pour Jim Jarmush et Gus Van Sant. J’avais le poster de Stranger Than Paradise dans ma chambre. Ce que j’aime dans Jarmush et même plus généralement dans le cinéma et l’art, c’est de parvenir à rendre l’ennui sexy et beau. J’avais adoré Only Lovers Left Alive et, pour Gus Van Sant, je pense que Last Days est mon film préféré. C’est un film où on est à la fois très loin et très proche de Michael Pitt et de ce qu’il fait. Je trouve ça très beau, même le début où il se baigne nu dans la forêt. J’y ai d’ailleurs pensé pour la scène du Téchiné où je fais la même chose mais dans un lac gelé.

Qu’est-ce que c’est pour vous le cinéma d’auteur ?
C : Il correspond pour moi à l’expression d’une vision très artistique et personnelle.
R : Le cinéma d’auteur m’est un peu tombé dessus mais je pense que je m’intéresse aux projets qui ont vraiment des idées fortes. Il m’est arrivé de refuser des films parce qu’ils ne me correspondaient pas. Mais chaque film est un pari. Pour Grave, comme c’est un premier film et un film de genre, ce qui se fait rarement en France, il y avait une sorte de défi. En plus, j’ai découvert le film à Cannes en même temps que tout le monde. Je peux te dire que je ne faisais pas le malin dans mon siège.
Quelles étaient justement les scènes les plus difficiles à tourner dans Grave ?
R : J’ai été confronté à deux types de difficultés. La première, c’est la difficulté physique avec le sang mais c’était finalement assez facile à surmonter. Et la seconde était plus complexe. J’ai dû trouver ma place en tant que gay qui a tout de même une sorte de jeu de séduction avec Justine (ndlr. le personnage principal de Grave incarné par Garance Marillier). Ils ont presque un rapport de frère et sœur mais il fallait quand même parvenir à maintenir ce petit quelque chose, une subtilité de l’ordre de la séduction. Je me suis posé beaucoup de questions sur le personnage pour parvenir à rendre compte de cette subtilité à l’écran.

Le fait d’avoir joué des rôles d’homosexuels alors que vous êtes tous deux hétéros est une autre chose que vous avez en commun. Comment se sont déroulés vos tournages respectifs de ce point de
vue-là ?
C : C’était facilité par le fait que je passais tout mon temps avec Kacey (ndlr. Mottet-Klein, son partenaire de Quand on a 17 ans, ) . On est vraiment devenu meilleurs potes et nous savions tous deux que nous étions hétéros. Notre amitié était assez passionnelle : on s’est engueulé, on s’est dit nos quatre vérités, quelques fois nous étions jaloux l’un de l’autre et puis nous nous aimions surtout énormément. Notre alchimie dans le film vient de là aussi. Notre relation ressemblait vachement à notre relation dans le film, le sexe en moins. Nous étions deux petits coqs. Et puis le tournage a duré un an et les scènes de sexe sont arrivées assez tard. J’ai trouvé ça plus facile qu’avec une fille en fait. J’ai tourné avec Alma Jodorowsky récemment, c’était génial de jouer avec elle mais pour les scènes de sexe, j’étais beaucoup plus gêné qu’avec Kacey. Même si les scènes de sexe de Quand on a 17 ans étaient très chaudes, elles ne m’ont pas troublé plus que ça. Lui peut-être plus parce qu’il est plus jeune, il avait 16 ans au moment du tournage et il était en pleine affirmation de sa virilité.
R : Pour moi, c’est l’inverse de Corentin. J’ai deux scènes de sexe dans Grave et les mecs, je les ai rencontrés 15 minutes avant le tournage. Je le rejoins par contre sur le fait que faire une scène de sexe entre mecs hétéros, c’est sans ambiguïté, c’est purement chorégraphique. Dans les scènes de sexe que j’ai faites avec des filles, j’étais aussi beaucoup plus mal à l’aise.
C : Tu as vachement plus peur du regard de l’autre avec une fille. Tu te demandes ce qu’elle va penser si tu lui attrapes le sein, si elle ne va pas se dire “quel espèce de petit mec misogyne qui profite là !” tandis que ton pote, si tu lui attrapes les fesses, il sait que tu t’en fous.

À propos de Grave, tu étais content que Julia Ducourneau ait gardé Adrien comme prénom pour ton personnage, peux-tu nous parler de ça ?
R : J’avais déjà passé des essais pour des rôles où je devais m’appeler Jean-Luc et où, à la fin, je m’appelle Mahamoud, parce que j’ai le rôle. C’est beau de casser ces clichés-là. Et surtout de ne pas les rajouter.

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de sentir une forme de racisme dans le milieu du cinéma français ?
R : Pour ma part, j’essaie de participer à des projets avec des gens intelligents donc je n’ai jamais eu de problèmes.
C : Il n’y a pas vraiment de racisme mais, par contre, il y a quand même beaucoup de codes et de raccourcis qui sont faits. Quand j’étais en classe libre au Cours Florent, on jouait du Tchekhov. Après le cours, j’avais bu un verre avec le metteur en scène il m’avait dit “Je t’ai trouvé génial et puis quand tu es sur scène, ça se voit que tu parles de ta cité, etc.”. J’ai rien dit. Lui, il était heureux et je me sentais presque coupable de ne pas correspondre au cliché qu’il avait projeté sur moi. Je pense que représenter les minorités au cinéma, cela ne passe pas forcément par le communautarisme et le repli. Je pense que cela passe justement par un détachement de l’origine sociale ou ethnique des personnages.
R : Pour reprendre ce que tu dis, une fois j’ai rencontré un réalisateur qui me parlait en arabe, genre il avait appris deux-trois mots. Chaque jour, il arrivait avec de nouveaux mots, un jour en arabe littéraire, l’autre en arabe marocain… J’hésitais à lui dire “Tu sais que je ne parle pas arabe moi en fait.”

Corentin étais-tu familier de l’oeuvre de Téchiné au moment où tu as tourné Quand on a 17 ans ?
C : Pas du tout. C’était mon premier casting. A l’époque, j’étais beaucoup plus impressionné par notre metteur en scène de classe libre que par ce réalisateur dont je n’avais vu aucun film. Je crois que ça a beaucoup facilité le travail entre nous deux.

Quels sont les prochains projets dans lesquels nous allons vous voir dans les mois à venir ?
C : J’ai tourné dans la deuxième saison d’une série de Gabriel Aghion qui s’appelle La Vie devant elles avec Alma Jodorowsky. La série se déroule dans le Nord de la France, dans les années 70. Je n’étais pas très chaud à l’idée de faire de la télévision. Mais j’ai finalement accepté et c’était une très bonne expérience. C’est 6 épisodes et le tournage était assez court puisque nous avons terminé en 4 mois. Après, j’ai fait un film dont j’attends beaucoup, Mes Provinciales, réalisé par Jean-Paul Civeyrac. Je pense que ce sera très beau. J’ai aussi fait un film des frères Foenkinos avec Karine Viard, ça s’appelle Jalouse. C’est un autre délire, c’est une comédie. Et là, je viens d’apprendre que je vais tourner pour Philippe Faucon.
R : Moi, j’ai des films en financement et des propositions mais rien dont je puisse parler pour l’instant. Mais ça se passe plutôt bien.

Corentin Fila a débuté dans Quand on a 17 ans d’André Téchiné. On l’a revu dans Patients de Grand corps malade et Mahdi Idir.

Rabah Nait Oufella a débuté à 14 ans parmi la classe d’Entre les murs de Laurent Cantet, Palme d’or 2008. On l’a revu dans Bandes de filles de Céline Sciamma, Nocturama de Bertrand Bonello, Grave de Julia Ducournau et dans Patients de Grand corps malade et Mehdi Idir (comme Corentin Fila mais ils n’ont pas de scène en commun).