boycott magazine issue 01

filep-motwary-rick-owens-boycott-magazineFilep est un célébre blogger et rédacteur mode notamment pour le magazine Dan Dapper. Depuis 2004, il a fait près de 300 interviews, des pionniers comme Rick Owens, Christian Lacroix, Paolo Roversi, Helmut Lang, Sèche Van Noten, Haider Ackermann, Yohji Yamamoto, etc… Comme photographe, il collabore avec Joyce.com à Hong-Kong, Vogue.fr parmi tant d’autres. Depuis 2011, Filep collabore avec Jean-Pierre Blanc et la Villa Noailles pour le Festival de Hyères. Ses costumes ont été présentés dans de nombreux musées, y compris le Musée de la Mode Hasselt en Belgique, à la Gaîté Lyrique à Paris, ou au Mode Museum d’Utrecht aux Pays-Bas. Sa série de photographies intitulées “Street it Boys” a été exposée en très grand format en janvier 2014, au salon Vision de Première.

Pourquoi te caches-tu sous un bonnet ? Je peux l’enlever si tu veux ?

Pourquoi as-tu rasé tes cheveux ? C’est bien plus pratique quand tu sors de la douche, tu te laves et tu es facilement prêt pour bouger.

Es-tu si occupé ? Premièrement, mes e-mails ne s’arrêtent jamais, trop d’e-mails tous les jours. Tout le monde veut te montrer quelque chose, partager quelque chose, promouvoir quelque chose. J’essaie d’être poli avec tout le monde,
car j’ai été un jeune créateur et je sais ce que c’est de ne pas être considéré par des gens importants, même si être important n’est pas si important ; et spécialement pour un jeune. Au moins une fois par jour, quelqu’un me demande mon avis. Puis, il y a les clients pour qui je suis photographe, comme Joyce.com à Hong-Kong. Je suis aussi manager digital à Nicosie (Chypre) où j’habite depuis trois ans. Je crée des costumes, je fais des interviews pour mon blog et je gère le contenu pour www.thekinsky.com.

Quel est ton parcours ? C’est très cliché, mais la vie est clichée de toute façon ! Une Maman couturière, beaucoup de voyages avec ma famille, entouré de tissus et de magazines. Je dois admettre que je connaissais Helmut Newton avant mes amis d’enfance, grâce aux Vogue de ma mère et aux Playboy de mon père. J’avais 18 ans lorsque je suis parti faire une école de mode à Athènes. J’étais assistant styliste pour le Vogue et l’Officiel grec qui venaient de sortir. J’ai sorti une collection capsule et j’ai eu un job dans une célèbre maison de couture d’Athènes pendant quatre ans. J’ai bougé sur Paris en 2004, pour un stage chez Lanvin avec Alber Elbaz. Mais n’ayant pas de convention de stage, je n’ai pu finalement le faire. J’adorais son travail pour Yves Saint-Laurent et je voulais véritablement être son assistant lorsqu’il a repris ce défi, en faire une des Maisons les plus importantes de la mode actuelle. Mais ne gagnant pas suffisamment d‘argent avec mes stages, je suis retourné en Grèce. Ce qui ne fut pas une mauvaise chose. J’y ai pu alors redévelopper ma marque avec Maria Mastori et me lancer dans le blogging mode, et petit à petit, commencer la photographie.

Qu’est-ce qui te fait aimer la mode ? La beauté ! Ça donne une raison d’exister. Parce que je déteste le laid, les choses sans substance, sans passé, sans raison d’être. La mode est par nature le résultat d’efforts de beaucoup de monde, de beaucoup de travail, d’opinions, d’action, de pensées, d’analyse, d’histoire, et d’observation. Le laid n’est le résultat d’aucune de ces choses. La mode est un business qui requiert une certaine éducation. J’ai eu un très long entretien avec Christophe Lemaire et ses principes m’ont beaucoup impressionné, il est si bien éduqué et sait si bien ce qu’il fait. Se réaliser, s’épanouir par la création est d’une beauté pure.

Penses tu que la mode soit de l’art ? Oui et non ! Une grande partie de ce qu’a fait d’Alexander Mc Queen est de l’art, on ne voit pas facilement ses vêtements dans les rues mais plutôt dans des musées. La mode doit cependant être mathématique, pragmatique. Dries Van Noten, est un fantastique créateur dont on peut porter les collections dans leur globalité.

De quelles marques es-tu client ? Ma vie se divise en deux périodes. J’ai eu ma période où j’achetais des vêtements très chers et j’ai dépensé beaucoup d’argent. Maintenant, je suis dans une période ‘jeans”. Mais là où je vis à Nicosie, je suis toujours en jogging. Mon ami M. Hervé Leger m’a offert deux superbes bracelets en cuir et or. Je ne les porterai jamais à Paris puisque je n’y suis que pour travailler, mais je les ai récemment porté à Berlin et tout le monde m’a fait ‘Waouh’ !!! Alors qu’à Paris je veux être invisible, parce qu’à Paris, il ne s’agit pas de me mettre en avant, surtout lors des fashion weeks, où il s’agit de me concentrer sur mon travail d‘observation de Paris, avec mon objectif.

Que penses-tu de la nouvelle génération ? Je ne pense pas que ce soit une génération sexy. Il n’y a plus rien à découvrir. Au moins dans les années 90 nous avons expérimenté beaucoup de choses et dans les années 70 ou 80 ce fut encore mieux, en considérant ce que j’ai lu ou entendu. La nouvelle génération manque de sexe et en même temps cette génération est magnifique. Parce qu’ils sont le résultat de cultures mixtes. Mais ils n’ont aucune direction, ayant trop d’informations et pas assez de temps pour analyser et faire des choix. Ils sont trop obsédés par leurs IPhones. J’ai même lu hier, qu’ils préfèrent toucher leurs iPhones plutôt que leur partenaire au lit. C’est une triste réflexion de la réalité. Il y a tant de violence partout maintenant. Cette rapidité détruit les éléments et la longévité de choses.

Qu’aimes-tu lire ? J’adore les biographies des stars de cinéma et les romans d’Henry Miller, parce que la façon dont il perçoit le sexe est assez ‘hot’ et excitante.

Qui est selon toi, le grand créateur de mode homme ? Rick Owens ! Il n’a pas peur de son identité, il est celui qui apporte l’aspect le plus sexy dans la mode masculine actuelle. Sa mode est très honnête et tellement virile !

Dans quelle période de ta vie es-tu ? J’arrive à une période difficile de ma vie, où je dois prendre des décisions radicales sur ma vie et mon avenir. Les changements me font peur car Je connais déjà le prix du changement.

Comment t’imagines tu dans le futur ? Je ne m’imagine pas, je me souhaite plutôt… avec de l’argent ! Je ne voudrais plus avoir à penser à l’argent, ne plus devoir compter. Je voudrais aussi une grande maison sur la mer, avec beaucoup de lumière, où mes amis me rendraient visites en famille. Un endroit comme la Villa Malaparte à Capri ou la Neuendorf House à Majorque.

Tu sembles être assez romantique ? Effectivement je suis romantique ! Pourquoi pas ?

Interview Cyrille Xavier

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