• boycott magazine
    • issue 01
    • issue 02
    • issue 03
    • issue 04
    • issue 05
    • issue 06
    • issue 07
    • issue 08
    • issue 09
    • issue 10
    • issue 11
    • issue 12
    • issue 13
  • contact
  • art
  • editorial
  • exclusive
  • mode
  • musique
  • video
  • bons baisers d’Hyères
boycott
  • archive
  • interview
  • issue 01
  • musique

Griefjoy — Pop griffe-joie

Crédits

Interview Philippe Laugier

Photographies Jérôme Lobato

Le groupe niçois GRIEJOY vient de publier son premier album, en anglais et souvent en sanglots ;un disque à l’émotion brute, où la mélodie et le rythme priment.Rencontre avec le chanteur du groupe, Guillaume Ferran.

Griefjoy — Pop griffe-joie
Griefjoy. Photographie Jérôme Lobato.

Pouvez-vous vous nous parler de la genèse de GRIEFJOY ; comment le groupe QUADRICOLOR, nom de votre première formation, a-t-il été amené à changer d’entité et pourquoi ?

David, Billy, Romain et moi-même nous connaissons depuis l’enfance. On a appris la musique au conservatoire de Nice, puis on a créé un groupe à 16 ans, des rêves plein les yeux. Je pense que Quadricolor fut une très belle histoire d’adolescence. On avait fait ce pari d’aller le plus loin possible avec ce nom ridicule, ça nous faisait marrer. Les années ont passé… On a changé et réalisé que faire de la musique ensemble, c’était ce qu’on voulait faire de nos vies. Dès lors, on s’est concentré à créer un projet dont on serait fier plus tard, qui aurait un sens pour nous.

La différence principale se trouve donc dans la façon d’aborder la musique dans sa globalité. Griefjoy est né de la volonté de corriger les manques de Quadricolor ; donner une âme à la musique, ne plus l’intellectualiser avec excès, se recentrer sur nos émotions : les allumer, les exprimer.

Votre album, comme le groupe, s’intitule GRIEFJOY ; quel est le sens de ce mot ?

La traduction serait : Chagrin-Joie. On a choisi d’appeler GRIEFJOY notre premier album car

au-delà du nom, c’est vraiment tout un concept

qui nous a accompagnés tout au long de la création du disque. Dans notre musique, on exprime l’idée de pouvoir ressentir deux émotions opposées en même temps. Je me rappelle une phrase qu’on nous a dite à l’écoute de l’album qui m’a marqué : “Je ne sais pas si je dois danser ou pleurer, peut-être faire les deux à la fois”. Je crois que c’est la meilleure façon de l’expliquer.

Votre univers combine une pop mélodique et sensible à des sons électroniques plutôt martiaux ? Comment avez-vous eu l’idée de cette association ?

C’est le résultat de ce qui nous influence. On est à la fois passionnés par des groupes pop immenses comme Coldplay ou Radiohead, et en même temps, des artistes comme Jon Hopkins, Luke Abbott, Max Cooper. L’alliance de ces textures et sons a sûrement donné notre couleur.

La contribution de Alf Briat (Air, Phoenix) au son a-t-elle été importante pour arriver à ce résultat, ces structures – qui tiennent parfois presque de la techno ?

Quand on est rentrés en studio avec Alf, on avait déjà une idée très précise de ce qu’on voulait. Lui nous a plutôt canalisés et c’est important, pour avoir un disque cohérent, de ne pas partir dans tous les sens. Ils nous a aidés à acquérir plus d’efficacité sur les titres, là où on a souvent péché.

Quelle est l’importance de la dance music pour vous ? Allez-vous beaucoup en club vous-mêmes ?

On ne sort pas énormément.

Avec la tournée qui dure depuis septembre maintenant, quand on rentre, c’est plutôt repos. Par contre, on écoute du son chez nous.

On aime se poser devant une console et on laisse tourner des disques, souvent électro. C’est assez impersonnel de se retrouver au milieu d’une foule pour écouter de la musique. Notre approche est plus égoïste.

Vous citez Radiohead ; votre sens mélodique s’en rapproche. Êtes-vous sensibles à leur vision globale, qu’on pourrait qualifier de moderniste ?

Oui vraiment. Que ce soit musicalement mais aussi plus largement dans la façon de concevoir la musique – depuis sa création jusqu’à sa commercialisation. Malgré plus de 20 ans de carrière, ils restent le groupe le plus excitant en la matière.

Peut-on décrire Griefjoy comme un groupe de new wave contemporaine ?

Ce n’est pas la première fois qu’on nous le dit mais ça n’a jamais été une influence consciente pour nous. Petits, nous écoutions plutôt les Pink Floyd et du rock progressif. La new wave, c’est une époque qu’on a zappée. Après, sur certains titres comme “Kids Turn Around”, on arrive à un son assez froid, du coup certaines personnes nous ont même parlé de cold wave également. Je crois surtout que la musique de nos jours emprunte énormément à plein d’époques différentes. Ça donne un mélange de sons référencés mais au service de productions plus modernes.

Votre univers est teinté de mélancolie, voire d’un certain romantisme désespéré. Vous êtes originaires de Nice, le climat ne vous a-t-il pas fait voir le quotidien sous un jour meilleur ?

On a déménagé à Paris en début d’année et on ne s’était jamais rendu compte

Griefjoy — Pop griffe-joie
Griefjoy. Photographie Jérôme Lobato.

à quel point vivre dans le sud et sous le soleil est important. Sous la grisaille, c’est clair, c’est pas

la fête tous les jours. En revanche on ne s’est jamais senti chez nous culturellement à Nice, c’est une ville tournée vers le tourisme davantage que la jeunesse, et on peut vous dire que les jeunes à Nice sont vraiment blasés… Ce romantisme désespéré nous vient peut-être de là.

Dans une interview pour Le Monde, vous disiez : “partager le sentiment de faire partie d’une génération blasée livrée à elle-même dans ce monde qu’on nous décrit comme apocalyptique, même si finalement on arrive quand même à y vivre au quotidien”. Que pensez-vous de la jeunesse actuelle et la façon dont elle s’accomode au pessimisme ambiant ?

Je pense que les personnes qui sont aux responsabilités ont bien de la chance d’avoir une jeunesse qui accepte de vivre dans les conditions que nous connaissons tous, entre précarité et chômage… Ce qui est inquiétant, c’est le repli sur soi et la perte de combat commun pour vivre mieux ensemble. Nous, on puise notre force dans la créativité, c’est notre réponse à cette société qui ne veut pas vraiment de nous.

A propos d’internet et la façon dont les jeunes communiquent désormais entre eux : faut-il y avoir une utopie ou au contraire un possible salut ?

On est toujours craintifs des nouveaux moyens de communication, on ne peut pas aller contre eux. Les très jeunes en ont souvent une utilisation abusive mais ça se tasse avec le temps. En tout cas, cette ouverture à fait beaucoup de bien à la musique et a permis à des projets de rencontrer un public qui n’en aurait peut-être jamais entendu parler.

Dans le clip de “Touch Ground”, vous n’apparaissez pas ; à votre place, on découvre plutôt un gang. Comment est venue cette idée ?

Cela rejoint le concept de l’album autour des opposés. Ici, on a voulu surprendre les gens en aposant une imagerie issue de la culture hip-hop sur notre son.

Vous chantez en anglais. Est-ce parfois un handicap ici en France et/ou est-ce que cela ouvre systématiquement des portes à l’international ?

Plus de nos jours. Il y a des

tas de groupes français qui chantent en anglais.

Il y a désormais un public pour cette scène et

ça ne veut pas forcément dire qu’on n’attend qu’une chose, se barrer dès qu’on marchera à l’étranger. C’est encore une fois un choix artistique issu de notre culture et de ce qu’on écoute depuis tout petit. Exprimer ses émotions est différent dans chaque langage. Chaque culture a son rapport aux sentiments, sa façon de les décrire ; peut-être que certains se sentiront plus à l’aise dans un langage que dans un autre.

Les paroles de vos chansons sont signées Sylvain Autran, qui ne fait pas partie intégrante du groupe. Comment se passe votre collaboration avec cet auteur ?

On collabore ensemble depuis 2008. Il a écrit l’intégralité des textes. Le choix des thèmes se passe vraiment en groupe avec lui. Chacun raconte ce que lui évoque le morceau – pas forcément moi d’ailleurs – et dès qu’un sujet nous touche tous, on fonce. Lui va poser ses textes et phrases par dessus la mélodie que je chante. Il est vrai que mon opinion importe car il est difficile de chanter des mots qui ne me touchent pas mais jusqu’à présent, nous avons toujours été en phase.

Le groupe Griefjoy a-t-il foi en l’avenir ?

Évidemment, on ressent clairement un ‘pessimisme du présent’ qui parfois nous ronge mais ce qui nous fait et nous a toujours fait avancer, c’est cet espoir en l’avenir ; ce qu’on pourrait devenir, ce que cette aventure nous réserve encore. C’est le thème de “Touch Ground”. Pour nous, ce n’est que le début.

Share
Share
Article précédent
  • archive
  • issue 01
  • musique

Youthquacke

Lire l'Article
Article suivant
  • archive
  • art
  • interview
  • issue 01

Ivan Argote — Hasta siempre l’arte !

Lire l'Article
Lire l'Article
  • archive
  • art
  • interview
  • issue 01

Xavier Mazzarol — Petite brute sensible

Lire l'Article
  • archive
  • art
  • interview
  • issue 01

Sébastien Faucon — Du plastique au vivant

Lire l'Article
  • archive
  • art
  • interview
  • issue 01

Ivan Argote — Hasta siempre l’arte !

Lire l'Article
  • archive
  • issue 01
  • musique

Youthquacke

Shirt by JORDANLUCA Trousers by SACAI Boots by BOTTEGA VENETA Sunglasses by LOUIS VUITTON
Lire l'Article
  • issue 14

YAMÊ

Nikita wears top by OTTOLINGER
Lire l'Article
  • issue 14

Arthur, Baye, Enzo, Nikita, Nolan

Lire l'Article
  • issue 14

Omar Apollo

Lire l'Article
  • issue 14

Dasha, Elias, Fanta, Nima

Boycott Magazine
  • Mentions légales
  • Confidentialité et cookies
Art & Fashion magazine based in Paris.

Input your search keywords and press Enter.