• boycott magazine
    • issue 01
    • issue 02
    • issue 03
    • issue 04
    • issue 05
    • issue 06
    • issue 07
    • issue 08
    • issue 09
    • issue 10
    • issue 11
    • issue 12
    • issue 13
  • contact
  • art
  • editorial
  • exclusive
  • mode
  • musique
  • video
  • bons baisers d’Hyères
boycott
  • archive
  • art
  • interview
  • issue 01

Sébastien Faucon — Du plastique au vivant

Crédits

Interview David Raynal

Photographies Édouard Levé

Sébastien Faucon — Du plastique au vivant
Édouard Levé, série « Pornographie ».

Depuis début 2014, Sébastien Faucon, conservateur en charge des collections arts plastiques contemporaines au Centre National des Arts Plastiques (CNAP) mène, à Rennes, avec Boris Charmatz, danseur, chorégraphe et directeur du Musée de la danse à Rennes, un nouveau projet autour de la question de la “permanence”, un rapprochement entre les arts plastiques et les arts vivants.

L’art contemporain peut-il dialoguer avec tout ?

Pourquoi s’interdire une rencontre, du moment qu’il y a une vraie nécessité ? On a vu dès le début du 20ème siècle que ces croisements entre les disciplines pouvaient produire des projets très originaux. Si on en reste aux questions liées au corps et à la danse, on peut citer l’expérience du Black Mountain College aux Etats-Unis entre les années 30 et les années 50 et qui a vu ainsi collaborer John Cage, Merce Cunningham, Robert Rauschenberg notamment. On constate d’ailleurs aujourd’hui que toute une nouvelle génération de plasticiens regarde le champ chorégraphique et, en parallèle, que de nombreux chorégraphes ont une très fine connaissance de la scène de l’art contemporain. Boris Charmatz en fait partie.

Comment s’est passée la rencontre ?

L’élément déclencheur fut “L’expo zéro” de Boris Charmatz, que j’ai vue en 2010 à Utrecht (Pays-Bas). Une exposition sans objet, qui m’a vraiment marqué par l’instabilité constante du dispositif ne tenant que sur la présence des corps et des gestes des artistes. Je l’ai alors contacté ; de nos échanges et de notre réflexion pendant deux ans ont fusé des idées, faisant avancer des problématiques réciproques.

Pourquoi avoir intitulé votre projet “La Permanence” ?

C’est avant tout pour signifier la notion d’accueil permanent du public. L’exposition est à la fois accessible (gratuite) et changeante au fil des mois, afin d’inviter les spectateurs à revenir. Au-delà, ce titre indique aussi la durée inédite, de janvier à décembre 2014, de l’association entre nos deux institutions (ndlr : CNAP et Musée de la danse), permettant de présenter, à Rennes, des projets hybrides. La permanence est découpée en quatre cycles sur l’année abordant tour à tour les notions de la lecture et du mouvement, de la nourriture et même d’un temps dédié au jeune public dans un projet intitulé le petit musée de la danse et déjà expérimenté par Boris Charmatz ces dernières années.

Une question semble être au cœur du projet : “Comment exposer le corps en tant que puissance d’intervention ?”

La danse, c’est l’exposition d’un corps, qu’il soit fixe ou en mouvement. Dans le champ des arts plastiques, il y a en même temps le corps représenté et le champ du vivant qui débouche sur la problématique de la performance. Remettre le vivant au cœur de l’exposition m’intéresse particulièrement, car nous y sommes assez peu habitués. Le corps devient sculpture, une sculpture vivante ; il est à la fois captivant, séduisant et dérangeant.

Sébastien Faucon — Du plastique au vivant
Édouard Levé, série « Pornographie ».

Et que pensez-vous de l’exposition du corps masculin, en particulier ?

J’ai récemment été marqué par une nouvelle série photographique de Juergen Teller intitulé “Masculin” présentée à la galerie Suzanne Tarazieve à Paris. En s’inspirant de l’exposition “Masculin / Masculin” (présentée au Musée d’Orsay en 2013) où il a capté certaines œuvres présentées, Juergen Teller propose des autoportraits en regard. Comme une mise en abyme autour de son travail mais aussi de la perfection du corps masculin, il traite ici le sujet avec beaucoup de distance et d’humour.

Pourquoi avoir présenté, en introduction de “La Permanence”, la série “Pornographie” d’Édouard Levé ?

Elle représente un parfait trait d’union entre les champs des arts plastiques et de la danse. Pour cette série, Édouard Levé, artiste plasticien disparu en 2007, a en effet mis en scène des danseurs dans une série de poses évocatrices mais qui se trouvent complétement anesthésiées. Ce qui nous intéressait, ici, c’était le décalage : alors qu’on regarde avec mépris, intérêt ou séduction un corps nu, comment nous situons-nous par rapport à des corps habillés dans des postures suggestives, où il n’y a rien qui puisse appeler à la censure ? Nous allons tous projeter quelque chose sur l’action représentée, tous imaginer ces corps qui, potentiellement, seraient mis en mouvement. Chez Edouard Levé, il y a toujours cette ambiguïté où il nous est livré quelque chose permettant de nous interroger sur nos propres limites. Sommes-nous mal à l’aise parce qu’on regarde ces photos ou parce qu’on projette quelque chose sur ces photos-là ?

Enfin, par rapport au titre du magazine, que boycottez-vous ?

Je peux accepter à peu près tout, sauf l’intransigeance. Je crois en effet que toute forme d’expression est absolument nécessaire, si elle n’est pas intransigeante car elle nous rapproche de la censure.

Share
Share
Article précédent
  • archive
  • art
  • interview
  • issue 01

Ivan Argote — Hasta siempre l’arte !

Lire l'Article
Article suivant
  • archive
  • art
  • interview
  • issue 01

Xavier Mazzarol — Petite brute sensible

Lire l'Article
Lire l'Article
  • archive
  • art
  • interview
  • issue 01

Xavier Mazzarol — Petite brute sensible

Lire l'Article
  • archive
  • art
  • interview
  • issue 01

Ivan Argote — Hasta siempre l’arte !

Lire l'Article
  • archive
  • interview
  • issue 01
  • musique

Griefjoy — Pop griffe-joie

Lire l'Article
  • archive
  • issue 01
  • musique

Youthquacke

Shirt by JORDANLUCA Trousers by SACAI Boots by BOTTEGA VENETA Sunglasses by LOUIS VUITTON
Lire l'Article
  • issue 14

YAMÊ

Nikita wears top by OTTOLINGER
Lire l'Article
  • issue 14

Arthur, Baye, Enzo, Nikita, Nolan

Lire l'Article
  • issue 14

Omar Apollo

Lire l'Article
  • issue 14

Dasha, Elias, Fanta, Nima

Boycott Magazine
  • Mentions légales
  • Confidentialité et cookies
Art & Fashion magazine based in Paris.

Input your search keywords and press Enter.