Un confinement, puis deux, puis trois… Des moments qui ont chamboulé la vie des Français.e.s, dont les habitant.e.s de Tremblay-en-France. À l’espace jeunesse Angela Davis, ces périodes ont engendré des prises de consciences chez les jeunes. Beaucoup en ont tiré profit pour développer leurs projets : chant, danse, court-métrage, association, etc. Rencontres avec celles et ceux qui s’imaginent un avenir différent qu’en 2020.
Crédits
Article paru dans Boycott Magazine n°10. Les âges et projets évoqués sont ceux de la réalisation du reportage.
Styven 21 ans
C'est avec son groupe d'amis soudés qu'il réitère son aventure du court-métrage. Styven n'a que 21 ans et compte déjà deux films dans son palmarès. Le dernier, "J'irai demain", raconte le deuil de son ami Youssouf. Une idée née il y a plus d'un an. Le confinement l'aide à mûrir l'idée avec ses amis. Un temps sacré pour lancer ce projet en cours de production avec la structure Angela Davis. Ce film, c'est la consécration d'heures de travail acharnées pour atteindre son rêve.
Youssouf- 19 ans – réalisateur et acteur
« Ne dis jamais à propos d'une chose, je la ferai sûrement demain » Youssouf a vécu le deuil douloureux de son père. Un déchirement qu’il raconte dans le court-métrage « J’irai demain ». Un film où le jeune Tremblaysien nous partage sa tombée en dépression et le soutien de ses amis pour surmonter ce moment difficile. Ce sont, les mêmes amis avec qui il co-réalise l’histoire. Chacun joue son rôle. La force de Youssouf et sa sensibilité ont séduit la structure Angela Davis qui l’épaule dans son projet.
Sidney – 20 ans
« Mon avenir est comme un livre, j'dois juste trouver le chapitre qui m'intéresse le plus » Quand son ami Youssouf a lancé l'idée d'un film, son ami Sidney n'a pas hésité une seconde. Casting des figurants, écriture du scénario ou encore tournage, il découvre chaque étape d'un film. Une réussite personnelle pour celui qui n'avait aucune expérience cinématographique. Loin d'être un travail pour lui, Sidney s'éclate à jouer son propre rôle. Chaque moment est un pur bonheur.
Bouya
« Libre de faire ce que l'on veut, la création n'a aucune limite ». "J'irai demain" a été une révélation pour Bouya. De ce court-métrage qu'il prépare avec ses six amis, il apprend à écrire un scénario. Une première. Soutenu tout le long par des intervenants de la structure Angela Davis, le vingtenaire est fier de l'histoire et la profondeur qu'il donne à ce film. Aujourd'hui, il est sûr. Scénariste sera son métier.
Nicolas – rap – 23 ans
« Demain c’est pas promis, comme le monde, la merde, c’est merveille, mais nique sa mère » Rap, photo, vidéos ou encore mode. Oven, de son vrai nom Nicolas, est un éternel éclectique. Toujours à la recherche de ce qui n’a pas encore été créé. En ce moment, ce grand consommateur de musique se consacre à 100% à son EP qu’il co-produit avec son meilleur ami d’enfance. Un projet au style original et avant-gardiste qu’il espère sortir cet hiver. Pour y arriver, le rappeur de 23 ans a dû faire le vide dans sa tête et la période d’isolement de mars 2020 l’a aidé à se recentrer sur lui.
Hatouma
À 21 ans, Hatouma a trouvé l'équilibre parfait entre son travail d'animatrice et celui de bénévole dans l'association de son amie Goundo. À la recherche d'un sens à sa vie, elle décide d'aider les plus démunies. C'est à la structure Angela Davis qu'elle apprend comment épauler les enfants d'une école guinéenne, mais attention à long terme. Le but : créer un système autonome où l'association agit comme un tremplin.
Goundo – 20 ans
" Même si notre destin est écrit, on a toujours le choix ". C'est ce choix que Goundo espère donner aux enfants d'une école en Guinée. Au mariage de sa sœur dans son pays d'origine, elle constate l'écart entre sa vie et celle des locaux. Les besoins sont nombreux. À l'espace Angela Davis, elle trouve l'accompagnement nécessaire pour construire son association Amani de A à Z. Ses parents lui fournissent des contacts fiables. La machine est lancée. Et Goundo ne s'arrêtera pas, elle vise déjà d'autres pays et d'autres manques. Autour d'elle, elle a rassemblé des jeunes femmes aussi motivées qu'elle.
Ashley – 20 ans
Attachée à son pays d'origine, Ashley se donne corps et âme pour lui fournir ce dont elle profite en France. En grandissant, elle a vu ses parents tendre la main à ceux du pays. Mais cela reste insuffisant. Avec ses amies et l'association Amani, elle veut aider ceux qui n'ont pas la chance d'avoir de la famille en France. Grâce au centre Angela Davis, elles arrivent à récolter des fonds qu'elles n'auraient jamais imaginé seules. En décembre, Ashley organise un gala de charité dans la structure. Elle espère voir grandir le projet associatif.
Koudjedji – 20 ans
"Dans la vie, il faut toujours se donner les moyens pour pouvoir réussir" Sa première victoire est d'aider ceux dans le besoin. L'humanitaire, c'est dans son sang. Infirmière en formation, Koudjedji rejoint rapidement Amani. Le covid-19 complique les premières démarches. Aucune structure visée en Afrique n'est ouverte en 2020. Mais elle ne lâche pas. Elle sait que beaucoup n'ont pas la chance qu'elle a et vivent dans des conditions difficiles. Sa motivation l'emporte et elle réussit à construire le projet avec ses amies.
Azzedine
"Quand on arrive dans une spirale, il faut casser la dynamique"
Le premier confinement a sauvé ses études. Tombé dans un désamour des études, Azzedine se sentait coincé dans la licence de droit. Le Covid-19 arrive, et met un stop à cette souffrance. Une pause qui a permis à Azzedine de se réconcilier à cette rude discipline. Il devient sérieux et arrive jusqu'à intégrer l'institut catholique de Lille. Une consécration pour ce passionné de journalisme qui voit enfin son rêve se rapprocher. Durant plusieurs années, il a tenu le magazine des jeunes d'Angela Davis avant de découvrir des rédactions nationales comme Libération.
Ilham – bijouterie – 19 ans
« T’inquiètes, ça va le faire ». C’est avec ce simple mantra que Ilham surmonte les doutes et le stress. Le bac en poche, elle tombe amoureuse des bijoux. Cette grande brune de 19 ans intègre alors le prestigieux atelier Serge Thoraval à Paris, le temps d’un stage. Le coup de foudre se confirme. Au confinement, sa sœur Sirine le remarque et lui offre le matériel nécessaire pour qu’elle s’exerce. Machine à polir, pince, métaux etc. Des cadeaux qu’Ilham compte bien lui en rendre en lui créant son alliance.
Sirine – Danse
Six ans que Sirine bouge au rythme du hip-hop, de la house et du break. Une manière pour elle de s’exprimer sans user de mots. Celle qui est de nature timide a appris à s’ouvrir grâce à la danse. Le confinement l’isole de nouveau, mais l’aide artistiquement. Si certains de ses compagnons de danse ont mal vécu cette période, Sirine en a profité. Elle a travaillé ses pas, publié des vidéos de danse sur ses réseaux et participé à des challenges sur les réseaux. Cette habituée de l’espace culturelle Angela Davis continue de s’améliorer.
Siham – pianiste et chanteuse
« Tu en es capable, tout est dans la tête. Quand on veut, on peut » Siham exécute les partitions classiques machinalement. Inscrite au conservatoire par sa mère, elle apprend à jouer du piano jusqu’au lycée comme des devoirs scolaires. Quand elle arrive à la fac, elle arrête par manque de temps. La pandémie débarque et le confinement lui offre les heures de liberté dont elle rêve. C’est là qu’elle saisit les émotions procurées par les notes musicales. Mais la véritable surprise reste l’explosion de sensations lorsqu’elle découvre le chant. Au début, seule dans sa chambre puis elle se dévoile devant son premier public à l’événement sur la sexualité féminine “Sang Tabou” organisé par l’espace Angela Davis. Une expérience qu’elle espère répéter.
Sadia – cinéma – 19 ans
« Vibre ». Une sensation que Sadia ressent dès qu’elle appuie sur rec de la petite caméra familiale. Pendant le confinement, elle s’amuse à filmer sa famille. Une passion naît. Accompagnée de « La Toile » un collectif de jeunes à Angela Davis, elle réalise une web série. À seulement 19 ans, elle intègre l’école Gustave Eiffel où elle apprend les secrets du cinéma. Aujourd’hui, elle se voit bien devenue une des plus grandes réalisatrices du milieu.
Andrei – rap – 20 ans aka 9MB
« La faucheuse nous guette depuis môme. L'impression d'être en tête de liste à force de voir la vie en couleur ciment ». Andrei, aka 9MB, rappe à l’ancienne, mais avec moins de rage. Dans ses lyrics, on retrouve de l’amour avec seulement un “brin de haine” face à l’injustice. Le vingtenaire enregistre sa première mixtape “Vahami” dans les studios d’Angela Davis. Une consécration pour celui qui s’est construit presque seul. Écriture, composition et production. La pandémie a accéléré son processus de création. En moins de cinq ans, 9MB est passé de “textes nuls” à des poésies rythmées et intelligentes.
Darren – danse – 18 ans
« Persévérance, détermination et confiance en soi sont pour moi les trois mots qui représentent les valeurs de la réussite. » Chez Darren, la danse, c’est une histoire de famille. Née de parents danseurs, elle grandit aux rythmes des répétitions de danse et des shows internationaux. Puis en binôme avec son frère, ils partagent des chorégraphies exécutées à la perfection dès le premier confinement. Pour Darren, la danse reste un moment de liberté, un soutien aussi face aux épreuves. Aujourd’hui, elle continue de s’exercer dans le studio de danse d’Angela Davis.
Kathleen – chant – 19 ans
Quand elle ouvre la bouche et sort les premières notes musicales, Kathleen se sent déjà heureuse. Le chant, c’est toute sa vie. Un besoin presque vital pour se libérer de ses peines. À 19 ans, la jeune femme découvre l’écriture. Le confinement lui permet de rassembler le courage nécessaire pour écrire ses premiers textes. Dès ce moment, elle se lance pleinement dans cette aventure accompagnée d’un producteur. Dans le studio d’Angela, elle enregistre sa voix dès qu’elle en a l’occasion.
Rayan – 13 ans – rap
« J’efface mes regrets en me surpassant, c’est pas demain la veille que j’irai molo dans l’son » Appelez-le RGT. Derrière ce nom d’artiste se cache Rayan, un adolescent plein de rêve. Avant la musique, il traîne dehors et s’attire quelques ennuis. Le confinement met un stop à cette vie. Rayan commence alors à se défouler, cette fois-ci, en écrivant des textes de rap. À l’espace Angela Davis, il rencontre Jean-Michel, celui qui va l’accompagner des heures. Freestyle et scène deviennent son centre de gravitation, sa raison de s’accrocher à la vie. Rayan devient RGT.
Marie-France
Mineure isolée, Marie-France se bat pour sa place en France. Cette étudiante en communication graphique a dû s'approcher de la maison Angela Davis. Et pour cause, les démarches administratives sont complexes et longues. Sans domicile actuellement, son combat est loin d'être encore fini. Malgré sa situation, cette Ivoirienne reste optimiste. Elle enchaîne les stages et les activités artistiques à Tremblay-en-France.
Fatima
Tik-tok ou Instagram n'ont aucun secret pour elle. Fatima maîtrise l'image à la perfection. Entre deux danses et une recommandation de restaurant, elle aborde aussi des sujets plus sérieux comme la santé mentale dans les quartiers populaires. Depuis plusieurs mois, elle creuse le sujet, encore bien tabou dans sa famille. Son objectif : sortir un documentaire et briser les stéréotypes. Pleines d'idées et de ressources, Fatima a séduit l'espace Angela Davis qui lui a confié une partie de la communication de la structure.


















